24 décembre 2007

Joyeux noël

Et voilà, comme une fois par an, c'est Noël. Une fois encore on va manger, boire, rire, s'engueuler... On va vivre quoi. Pourtant. Pour la première fois de notre vie nous ne serons pas là pour ouvrir les paquets qui nous attendent sous le sapin. Pour la première fois depuis bien des années nous n'aurons pas à élaborer des stratégies et emploi du temps pour pouvoir partager avec le plus de gens possible une blague grivoise, un verre, une partie de babyfoot, un sourire... Par contre, nous sommes sûr d'avoir de la neige à noël. Un petit mais véritable sapin apporte les quelques notes vertes, rouges et scintillantes caractéristiques de ce moment si particulier de l'année. Ce soir, nous réveillonnons chez Marie Chantal, une collègue à Sophie. Pour demain, un petit festin qui nous sera concocté par le chef Sophie dort dans les placards et ne manquera pas de combler les papilles des gourmands irrécupérables que nous sommes. Quelques bouteilles ont même atterri dans la cuisine, toutes issues des généreux vignobles de notre beau pays...
Ce qui est sûr c'est que pour ce premier Noël tout là-bas, vous allez nous manquer, mais pas de soucis, nous ne nous laisserons pas aller. Vous pouvez vous rassurer.


Profiter bien de vous et Noyeux Joël à tous.

Nousdeuxlabas.

17 décembre 2007

Après la tempête

Dimanche 16 décembre. Seconde tempête de neige sur la ville de Québec. Prudence de rigueur. Les consignes sont simples, restez chez vous à boire du chocolat chaud... Ah les douces journées patates devant la téloche... La neige tombe toute la journée le vent souffle fort (80 km/h).

Lundi matin la tempête est passée, il faut retourner travailler. Nono bosse tôt et au petit matin, armé de l'appareil photo, il part à la chasse aux clichés. L'hiver d'icite n'est pas une légende et les images se passent de commentaires...


Point de vue du Cap Diamant

La fenêtre de la chambre.





Un message de paix?

Une fois encore, nous ne pouvons qu'être admiratif et humble devant la force et la magnificence de la nature.






10 décembre 2007

Vive le vent d'hiver


Lecteurs attentifs, vous l'avez compris, la ville de Québec est très jolie. En tout cas elle nous plaît beaucoup. Son atmosphère est apaisante. On est loin des sirènes des ambulances de Vancouver qui hurlaient à la mort et réveillaient toute la ville à 3 heure du matin. On est loin également du caractère distant et un peu froid de nos amis anglophones. On retrouve ici à Québec une douceur de vivre que nous n'avons rencontrée nul par ailleurs. Nous ne voulons pas idéaliser la région mais notre feeling après un mois et demi est très bon, avec les murs comme avec les habitants qui les peuplent.
Pourtant, c'est vrai que ça caille. Ça meule. On se les frises. Bref y fait frète. Les températures sont au-dessous de zéro depuis plus d'un mois. Entre -10 et -20 degrés, rarement plus chaud et ce qui est remarquable, c'est que lorsque vous voyez un magnifique ciel bleu avec un splendide soleil et bien il faut limiter les sorties au maximum car le vent est alors très mesquin et vous mord la gueule avec une méchante férocité. Le temps couvert ou les intempéries rendent la froideur bien plus douce et même agréable. Et la neige dans tout ça ?
Un ami qui nous est très chère nous narguait avec sa dizaine de centimètres tombés sur son malheureux village du Lomont, alors que nous en avons vu depuis le début du mois de décembre tombés plus de 150. Il est vrai que nous sommes proche du record pour le dernier mois de l'automne, l'hiver ne commence que dans quelques jours et le Saint Laurent charrie depuis plusieurs jours déjà de gros blocs de glace.


1 décembre 2007

On y retourne

Avoir un logement à soi quelque part vous autorise à vous y sentir un peu chez vous. Le cadeau que nous a fait le destin nous permet de vivre nos premiers jours à Québec de la manière la plus décontractée possible. Nous découvrons peu à peu les rues et les fortifications de la vieille ville assis sur un petit nuage.
L'atmosphère parait incroyablement détendue. La ville est magnifique. Le trafic restreint au sein des murs de la vieille capitale offre aux piétons une certaine hégémonie très agréable. Nous prenons donc doucement nos marques et quelques vieilles habitudes reviennent aussi vite qu'elles avaient disparus. Le pain frais, Charlie Hebdo, la bière dans le frigo... Bref, en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire dans le blog, nous voilà habitant de la ville Québec, avec nos petites habitudes et quelques visages nous sont déjà familiers.


Oui mais voilà ! La première semaine n'est vite plus qu'un souvenir et la cruelle réalité pécuniaire nous oblige à redescendre de notre petit nuage. Notre bon génie reviendra vite frapper à notre porte pour nous réclamer le loyer de décembre...
Sophie est une fois encore la plus prompte à l'action. Elle retourne avec un CV à la boulangerie de la première journée. Elle y retournera le lendemain pour rencontrer la patronne. Elle commencera le surlendemain. Nono, lui, tâte le terrain. Après un premier round d'observation, il postule un poste de disquaire dans une boutique du style de la Fnac dans la rue Saint Jean. Une petite semaine d'aller et retour entre l'appartement et le magasin pour finalement recevoir une lettre expliquant Ô combien on y était presque et que quand même on vous souhaite bonne chance pour la suite. S'en suit une petite croisade et pas mal de CV déposés mais après deux bonnes semaines de recherches, plus ou moins acharnées en fonction du temps et de l'humeur, toujours pas la moindre touche. Broucouille le Nono ? Sophie a déjà rapporté la première paye et le gaillard est toujours en vacances...
Alors un matin, après avoir surfé sur une nouvelle vague d'indifférence, c'est avec une légère mais certaine exaspération qu'il retourne sur le site d'offre d'emploi de la ville de Québec. Une annonce vient juste de paraître. Le job est au 48 rue Sainte Ursule. Nous habitons au 70... Il met son manteau et file sans trop se poser de question. Il arrive devant un restaurant d'aspect très discret. L'intérieur l'est beaucoup moins. Le maître d'hôtel s'approche avec une condescendance difficile à égaler -Le restaurant est une référence de la gastronomie et sa réputation est à la hauteur de l'addition-. Il ne semble pas au courant et repart sans un mot. Nono allait faire de même, mais surexciter par le côté "Monsieur, votre bite à un goût !" des lieux, il se prépare à en découdre verbalement avec le maître d'hôtel présomptueux. Celui-ci revient et s'en laisser le temps à une éventuelle diatribe, il demande à Nono un numéro de téléphone car on recherche bel et bien quelqu'un... pour faire le ménage.
Le rendez-vous avec la responsable se passe très bien. On offre un salaire raisonnable, pas beaucoup d'heure, du mercredi au dimanche, le matin et en parfaite autonomie. Il faudra faire un petit effort de gestion de l'orgueil pour nettoyer les chiottes qui sont toujours propres. Il est vrai que quand on bouffe pour 200 dollars, on en profite un max et on chie pas trop vite...

6 novembre 2007

Abracadabra



Nous déambulons au milieu de la ville au hasard des rues. On se disait que trouver un job dans le coin ne devrait pas être compliqué étant donné qu'une boutique sur trois avait sur sa vitrine une petite affiche indiquant la recherche de personnel. Cela nous conforte dans l'idée de s'installer dans le coin et pour ne pas se laisser aller au vent de la morosité, nous nous plongeons dans une fiction qui nous donna le sourire. On s'imagine tomber sur un gars qui, nous voyant airer au travers des rues comme des âmes en peine, nous loue un appartement meublé, pas trop cher et bien placé. Bien évidemment, le gars connaît un autre type qui cherche du monde dans sa boutique et qui nous embauche pour un petit boulot sympa. Finalement, nous rencontrons pleins de gens bien cools qui deviennent de bons amis avec qui nous passons les 4 mois qui nous reste de Canada en se marrant et en buvant des canons. Ils auraient même des contacts
et les nouvelles seraient bonnes et pas trop cher... Finalement, de retour de nos fabulations, nous nous disons que trouver un appartement sans se casser la tête pendant 10 jours 24 heure sur 24 serait déjà pas trop mal et que nous nous en satisferons bien aisément.

Nous remontons le long des remparts qui séparent la vieille ville des plaines d'Abraham, quand Sophie fait remarquer les pancartes qui faisaient de la promo pour des studios. Nono, se déclarant hors-jeu pour une tentative de visite sur le champ propose de continuer la route et de commencer la journée du lendemain par là. Nous arrivons au niveau de la rue Saint Louis, seconde artère de la vieille ville, et nous redescendons en direction de l'auberge lorsqu'une nouvelle fois Sophie fait remarquer une affiche sur une porte d'entrée qui propose la location à court ou moyen terme d'un petit appartement meublé. Comme il n'est pas encore interdit de rêver, Nono sort le téléphone, qui n'en est plus un, mais une montroblocnoteréveilmatincalculatriçorépertoire, commence à rentrer le numéro lorsque apparaît derrière nous une espèce de fou furieux qui, tout en brandissant un objet non identifié, nous crie avec un fort accent québécois : Ça va sonner ! Ça va sonner ! Nous crûmes tout d'abord à un déséquilibrer échappé d'un quelconque hôpital psychiatrique, ce qui laissait entendre que ces rues n'étaient peut-être pas si sûres. Nono allait se jeter sur le forcené pour le plaquer au sol en criant à Sophie de courir, mais le gars qui avait baissé son arme qui, soit dit en passant, était en fait un téléphone commençait à nous décrire dans les détails l'appartement que l'on venait de voir sur l'affichette. Il nous donne le prix. Un peu cher. En plus, il ne sera libre qu'au premier décembre. Il nous propose une visite. Nous hésitons et puis, on se dit que cela pourra nous servir de référence pour les prochaines visites. L'appartement se trouve dans le même immeuble mais on y accède par la rue sainte Ursule. Il fait sonner l'interphone plusieurs fois. Pas de réponse. Il nous prévient que l'appartement est actuellement occupé par une petite vieille et qu'ils ont un léger différent. Nous sortons dans la rue et prenons du recul pour voir si les lumières de l'appartement sont allumées. L'appartement est situé au dernier étage. Pas de lumière mais on peut apercevoir les reflets de la télévision sur le plafond. Notre homme se décide à faire une entrée en force si nécessaire. Sophie le suit. Nono, plus timide, propose de ne peut être pas déranger cette brave femme qui sommeille sans doute dans un coin de l'appartement. On grimpe les escaliers et des hypothèses se bousculent. Peut-être que la vieille est morte. Peut-être qu'elle n'avait plus de sédocœur. Peut-être a-t-elle été assassinée par un sadique.

Peut-être même que c'est cet homme qui nous avait paru un peu dérangé. Et si c'était un piège. Et tout ça pour visiter un appartement pas disponible avant 25 jours... Il cogne à la porte. Pas de réponse. Il cogne de nouveau et prévient : "Si vous êtes là, ouvrez !». Pas de réponse. Il prévient encore. "J'ouvre maintenant madame". Et il ouvre la porte. Trop tard pour reculer. Devant nous, la clé de l'énigme. L'appartement est vide. Placards vides, frigo vide. Seul l'évier est plein. Tour d'horizon. Grands sourires. C'est comme si on avait frotté une lampe magique et le loueur en serait le bon génie. Nous nous mettons d'accord pour signer le bail et prendre possession des lieux demain matin 8h30. Nous quittons notre futur appartement et allons au cinéma voir un film avec Monsieur Dupontel.