1 décembre 2007

On y retourne

Avoir un logement à soi quelque part vous autorise à vous y sentir un peu chez vous. Le cadeau que nous a fait le destin nous permet de vivre nos premiers jours à Québec de la manière la plus décontractée possible. Nous découvrons peu à peu les rues et les fortifications de la vieille ville assis sur un petit nuage.
L'atmosphère parait incroyablement détendue. La ville est magnifique. Le trafic restreint au sein des murs de la vieille capitale offre aux piétons une certaine hégémonie très agréable. Nous prenons donc doucement nos marques et quelques vieilles habitudes reviennent aussi vite qu'elles avaient disparus. Le pain frais, Charlie Hebdo, la bière dans le frigo... Bref, en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire dans le blog, nous voilà habitant de la ville Québec, avec nos petites habitudes et quelques visages nous sont déjà familiers.


Oui mais voilà ! La première semaine n'est vite plus qu'un souvenir et la cruelle réalité pécuniaire nous oblige à redescendre de notre petit nuage. Notre bon génie reviendra vite frapper à notre porte pour nous réclamer le loyer de décembre...
Sophie est une fois encore la plus prompte à l'action. Elle retourne avec un CV à la boulangerie de la première journée. Elle y retournera le lendemain pour rencontrer la patronne. Elle commencera le surlendemain. Nono, lui, tâte le terrain. Après un premier round d'observation, il postule un poste de disquaire dans une boutique du style de la Fnac dans la rue Saint Jean. Une petite semaine d'aller et retour entre l'appartement et le magasin pour finalement recevoir une lettre expliquant Ô combien on y était presque et que quand même on vous souhaite bonne chance pour la suite. S'en suit une petite croisade et pas mal de CV déposés mais après deux bonnes semaines de recherches, plus ou moins acharnées en fonction du temps et de l'humeur, toujours pas la moindre touche. Broucouille le Nono ? Sophie a déjà rapporté la première paye et le gaillard est toujours en vacances...
Alors un matin, après avoir surfé sur une nouvelle vague d'indifférence, c'est avec une légère mais certaine exaspération qu'il retourne sur le site d'offre d'emploi de la ville de Québec. Une annonce vient juste de paraître. Le job est au 48 rue Sainte Ursule. Nous habitons au 70... Il met son manteau et file sans trop se poser de question. Il arrive devant un restaurant d'aspect très discret. L'intérieur l'est beaucoup moins. Le maître d'hôtel s'approche avec une condescendance difficile à égaler -Le restaurant est une référence de la gastronomie et sa réputation est à la hauteur de l'addition-. Il ne semble pas au courant et repart sans un mot. Nono allait faire de même, mais surexciter par le côté "Monsieur, votre bite à un goût !" des lieux, il se prépare à en découdre verbalement avec le maître d'hôtel présomptueux. Celui-ci revient et s'en laisser le temps à une éventuelle diatribe, il demande à Nono un numéro de téléphone car on recherche bel et bien quelqu'un... pour faire le ménage.
Le rendez-vous avec la responsable se passe très bien. On offre un salaire raisonnable, pas beaucoup d'heure, du mercredi au dimanche, le matin et en parfaite autonomie. Il faudra faire un petit effort de gestion de l'orgueil pour nettoyer les chiottes qui sont toujours propres. Il est vrai que quand on bouffe pour 200 dollars, on en profite un max et on chie pas trop vite...

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