18 août 2007

Roots and Blues


La petite ville de Salmon Arm organise tous les ans son festival de musique. Se déroulant sur 3 jours, la programmation est très diversifiée et les artistes originaires des 4 coins de la planète. Nous ne connaissons pas un seul groupe, peu importe, nous n'avons pas fait grand-chose d'autre que travailler depuis 15 jours et les éloges sur le festival sont nombreuses. Nous décidons donc de nous y rendre samedi après-midi après le marché.

Première différence avec ce que nous connaissons, les concerts débutent à 10 heure le matin pour se terminer vers 11 heure le soir, ce qui nous arrange un peu parce que ben hé, on bosse aussi le dimanche. Nous arrivons un peu avant midi et en même temps que nos billets, nous achetons le programme du week-end. 6 petites scènes et une grande installées dans ce qui est le reste du temps un centre équestre, ce qui donne au site un certain charme et une certaine originalité. Autre originalité, nous découvrons grâce au programme que le festival est divisé en deux parties. De 10 à 17 heure, les groupes ou membre de groupe se mélangent et "jam" en petites cessions de 3 quarts d'heures. Après 17 heure la scène 1 et la grande scène s'animent pour permettre aux groupes de jouer leurs propres morceaux.
Nous nous enfonçons dans l'antre musicale et nous décidons d'un premier tour d'horizon, histoire de prendre nos repères. Nous parcourons donc le festival.
Sur notre gauche, la scène 1 où joue un groupe de perçu africain mélangé avec un groupe de musique traditionnelle irlandais. Un peu plus loin la scène numéro deux, sous une sorte de grange, joue un mélange un peu plus rock. Là, les stands de bouffes. Ici, les chiottes chimiques (qui sentent bon pour de vrai !!!), sur la droite derrière se trouve le coin des jeux pour les enfants avec château gonflable et mur d'escalade. Tout au fond une autre petite scène et derrière le coin des robinets d'eau potable fraîche, se dresse la grande scène et ce que nous découvrons alors est terrible et va nous mettre un sérieux coup au moral.
Alors qu'il n'est que midi et que le premier concert ne débute pas avant 5 heure, un champ, que dis-je un océan, une vaste et morne étendue de chaises recouvre l'espace qui nous sépare du podium. Des chaises et des couvertures pour tout simplement réserver son petit périmètre qui va permettre d'installer plus tard bien pénard son petit derrière et ainsi reposer ses petites jambes fatiguées. Nous n'en croyons pas nos yeux. Choc. Décalage. Douche froide. Sophie propose de courir et d'en renverser un maximum. Nono tempère. Nous tournons les talons et continuons notre découverte du festival. Encore des stands et une autre scène. "Reverant Peyton's big damn band" joue seul, soit un gars à la guitare et au chant, un gars à la batterie et une femme à l'égouttoir et ça envoie du son. Mais bon, pas un crotu debout. On reste encore quelques instants, le concert se termine, on s'en va. Toujours un peu désabusé, on décide de boire un coup. On trouve une buvette, et autre nouveauté, il est interdit de sortir des "bistros" limités par de magnifiques barrières orange avec sa boisson alcoolisée. On reste donc bien sagement dans le périmètre avec la légère mais tenace impression d'être parqué comme des bêtes curieuses. La bière terminée, on se dirige vers la scène numéro 1, ou bien évidement, tout le monde, ou presque, est assis. Et là, entre les gars du groupe Tofu et That's one guy, joue le groupe mexicain Los de Abajos qui est un groupe... de Ska. Alors, tout naturellement l'ordre de révolte vient de la scène, "Stand up everybody ! Stand up !" et comme par miracle, une partie de la foule se lève. Cela n'ira pas jusqu'au pogo mais l'énergie était là. Le concert se termine, nous revoilà dans le bon état d'esprit.
Voilà pour ce qui est du début de notre festival, ce qui résume bien la situation. Lorsque le groupe se déchaîne ou le réclame, on trouve un petit groupe d'irréductible qui bouge, danse et saute, sinon, tout le monde reste bien tranquillement assis. Le festival est grand et on a toujours trouvé un petit bout de place pour se tenir debout, et cela jusqu'à ce que nos forces nous quittent et que nos yeux nous réclament du repos, un peu avant la fin du festival.
Pour conclure, cela aura été un bon festival, avec des groupes que l'on ne connaissait pas et qui tenaient vraiment la route. Le principe du "jam" pendant la journée est également très intéressant. Il permet de découvrir les groupes que l'on voudra voir le soir et le mix des genres et des couleurs donne parfois des résultats et des ambiances vraiment extraordinaires. Autre point intéressant, toute la famille va au festival. Des plus jeunes au plus anciens, tout le monde y trouve son compte, ou presque... Pas un, on ne dit bien pas un mec plein, quelques pétards mais très discrets et surtout cette politique du "chacun son petit périmètre" donne à ce festival un aspect lisse et monochrome. Il manque ce souffle de folie, cette communion entre les gens et les artistes, cette escapade sur une autre planète, tout ce qui fait la magie d'un festival.

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