La petite ville de Salmon Arm
organise tous les ans son festival de musique. Se déroulant sur 3 jours, la
programmation est très diversifiée et les artistes originaires des 4 coins de
la planète. Nous ne connaissons pas un seul groupe, peu importe, nous n'avons
pas fait grand-chose d'autre que travailler depuis 15 jours et les éloges sur
le festival sont nombreuses. Nous décidons donc de nous y rendre samedi après-midi
après le marché.

Première différence avec ce que nous connaissons,
les concerts débutent à 10 heure le matin pour se terminer vers 11 heure le
soir, ce qui nous arrange un peu parce que ben hé, on bosse aussi le dimanche.
Nous arrivons un peu avant midi et en même temps que nos billets, nous achetons
le programme du week-end. 6 petites scènes et une grande installées dans ce qui
est le reste du temps un centre équestre, ce qui donne au site un certain
charme et une certaine originalité. Autre originalité, nous découvrons grâce au
programme que le festival est divisé en deux parties. De 10 à 17 heure, les
groupes ou membre de groupe se mélangent et "jam" en petites cessions
de 3 quarts d'heures. Après 17 heure la scène 1 et la grande scène s'animent
pour permettre aux groupes de jouer leurs propres morceaux.
Nous nous enfonçons dans l'antre musicale et nous
décidons d'un premier tour d'horizon, histoire de prendre nos repères. Nous
parcourons donc le festival.
Sur notre gauche, la scène 1 où joue un groupe de
perçu africain mélangé avec un groupe de musique traditionnelle irlandais. Un
peu plus loin la scène numéro deux, sous une sorte de grange, joue un mélange
un peu plus rock. Là, les stands de bouffes. Ici, les chiottes chimiques (qui
sentent bon pour de vrai !!!), sur la droite derrière se trouve le coin des
jeux pour les enfants avec château gonflable et mur d'escalade. Tout au fond
une autre petite scène et derrière le coin des robinets d'eau potable fraîche,
se dresse la grande scène et ce que nous découvrons alors est terrible et va
nous mettre un sérieux coup au moral.
Alors qu'il n'est que midi et que le premier
concert ne débute pas avant 5 heure, un champ, que dis-je un océan, une vaste
et morne étendue de chaises recouvre l'espace qui nous sépare du podium. Des
chaises et des couvertures pour tout simplement réserver son petit périmètre
qui va permettre d'installer plus tard bien pénard son petit derrière et ainsi
reposer ses petites jambes fatiguées. Nous n'en croyons pas nos yeux. Choc.
Décalage. Douche froide. Sophie propose de courir et d'en renverser un maximum.
Nono tempère. Nous tournons les talons et continuons notre découverte du
festival. Encore des stands et une autre scène. "Reverant Peyton's big damn
band" joue seul, soit un gars à la guitare et au chant, un gars à la
batterie et une femme à l'égouttoir et ça envoie du son. Mais bon, pas un crotu
debout. On reste encore quelques instants, le concert se termine, on s'en va.
Toujours un peu désabusé, on décide de boire un coup. On trouve une buvette, et
autre nouveauté, il est interdit de sortir des "bistros" limités par
de magnifiques barrières orange avec sa boisson alcoolisée. On reste donc bien
sagement dans le périmètre avec la légère mais tenace impression d'être parqué
comme des bêtes curieuses. La bière terminée, on se dirige vers la scène numéro
1, ou bien évidement, tout le monde, ou presque, est assis. Et là, entre les
gars du groupe Tofu et That's one guy, joue le groupe mexicain Los de Abajos
qui est un groupe... de Ska. Alors, tout naturellement l'ordre de révolte vient
de la scène, "Stand up everybody ! Stand up !" et comme par miracle,
une partie de la foule se lève. Cela n'ira pas jusqu'au pogo mais l'énergie
était là. Le concert se termine, nous revoilà dans le bon état d'esprit.
Voilà pour ce qui est du début de notre festival,
ce qui résume bien la situation. Lorsque le groupe se déchaîne ou le réclame,
on trouve un petit groupe d'irréductible qui bouge, danse et saute, sinon, tout
le monde reste bien tranquillement assis. Le festival est grand et on a
toujours trouvé un petit bout de place pour se tenir debout, et cela jusqu'à ce
que nos forces nous quittent et que nos yeux nous réclament du repos, un peu
avant la fin du festival.
Pour conclure, cela aura été un bon festival,
avec des groupes que l'on ne connaissait pas et qui tenaient vraiment la route.
Le principe du "jam" pendant la journée est également très
intéressant. Il permet de découvrir les groupes que l'on voudra voir le soir et
le mix des genres et des couleurs donne parfois des résultats et des ambiances
vraiment extraordinaires. Autre point intéressant, toute la famille va au
festival. Des plus jeunes au plus anciens, tout le monde y trouve son compte,
ou presque... Pas un, on ne dit bien pas un mec plein, quelques pétards mais
très discrets et surtout cette politique du "chacun son petit périmètre"
donne à ce festival un aspect lisse et monochrome. Il manque ce souffle de
folie, cette communion entre les gens et les artistes, cette escapade sur une
autre planète, tout ce qui fait la magie d'un festival.
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