13 septembre 2007

Far West

L'accueil à Jasper est assuré par une troupe de cerfs paissant tranquillement sur le bord de la route. Pas effrayés du tout par la horde de furieux les mitraillant de leur objectif démesuré. Il faut dire que la majesté et la force dégagée par ce grand mâle, coiffé de bois gigantesques, a de quoi rassurer la plus peureuse des biches. Il est là, fier, faignant de ne voir personne, comme s'il consentait à prendre la pose. L'impression de voyeurisme nous saisit rapidement et gênés de faire partie de cette bande d'enquiquineur, nous repartons direction "la civilisation".
Jasper ressemble aux villes que nous avons pu croiser sur notre route depuis 6 mois, l'adjectif carré est approprié. La seule différence à première vue est la rue "commerciale", qui aurait un air de petite station de ski alpine. Bref, beaucoup de restaurants et beaucoup de touristes.
Nous cherchons sans trop y croire un petit coin pas cher pour dormir ce soir, mais notre motivation, après trois jours passés dans la forêt, est surtout de prendre une douche. Nous nous résignons vite à dormir dans la voiture. Tant mieux, cela ajoutera du romantisme à notre expédition. Soulagés d'une nuit d'hôtel, nous décidons alors de fêter comme il se doit notre anniversaire de 6 mois de Canada. Nous choisissons un petit restaurant italien. Il est jouissif de se rappeler notre entrée dans le restaurant, les cheveux gras, avec sans doute la légère et caractéristique odeur des gens qui négligent leur toilette quotidienne. Dépareillés du reste de la clientèle. Et les amis, quel festin ! Bon, il est vrai que l'addition fut elle aussi démesurée, surtout que le restaurant n'avait d'italien que le nom... Tant pis.
Repus, nous retournons à nos appartements.

Bientôt installés dans notre palace au confort très relatif, nous nous préparons à une nouvelle longue nuit. Et comme d'habitude, après de longues heures, le soleil réapparaît donnant le feu vert d'une nouvelle belle journée. En sortant, nous sommes surpris de constater l'épaisse couche de glace qui recouvre la voiture. C'est pourtant toujours l'été. Bref, nous repartons dans le parc pour une petite randonné facile avec l'espoir de rencontrer un habitant de la forêt. Toujours pas d'ours, au grand désarroi de Nono, mais encore beaucoup d'écureuils belliqueux, un coyote et quelques oiseaux. Et Surtout, les clairières sont recouvertes de givre, les lacs se cachent sous un vaporeux voile et la forêt est calme, comme endormie. Nous sommes les premiers visiteurs. Lorsque l'atmosphère fini par se réchauffer, on voit apparaître comme par magie les autres touristes de la forêt. On les entend d'abord, parce qu'ils portent tous une petite clochette sensée effrayer les potentiels prédateurs. Nous retrouvons notre voiture. Le parking où stationnait notre unique voiture il y a quelques heures est maintenant rempli. Nous reprenons la route direction Sorrento. Une longue route, mais toute aussi belle, avec une halte imprévue au pied du Mont Robson, point culminant de la chaîne des Rocheuses canadienne, et encore et toujours, des dizaines et des dizaines de kilomètres sans la moindre habitation. Et quand habitation il y a, ce n'est rarement plus qu'une station-service et la maison du pompiste. Ah, le Far West...



Nous arrivons enfin à la maison, après un dernier tronçon de "route" qui s'apparentait plus à une piste du rallye des 1000 lacs, fatigués mais émerveillés, prêts pour une nouvelle journée de récolte.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

y'a le commandant cousteau (qui a changé de couleur de bonnet) qui s'est incrusté sur votre belle photo de la montagne...

c'est la grande forme ce soir pour les commentaires...

Juli1 a dit…

Tu fais tout petit Nono devant cette gigantesque montagne saupoudrée de sucre glace...

Dommage que tu n'ai pas pris de photo du cerf orné de ses bois majestueux... ;)

Si tu as l'ocasion, peux tu photographier un chasseur canadien avec sa chemise à carreaux si typique... C'est pour mon frère Steph...

@+ sur les commentaires de ce superbe blog, que dis-je de ce majestueux blog !!!!!!!!