Dans la série, on prend l'avion et on en change, il y a pas mal de
compagnies qui nous proposaient des vols avec escale à New York, ou Newark,
pour des prix très intéressants. Dans la série, Nousdeuxlabas, on voyage aussi
pour en voir, du pays, on avait bien en tête de flâner un peu sur le chemin du
retour, pendant qu'on y est.
Tout en restant dans une logique de prix raisonnables, toute escale du genre
Los Angeles, Mexico ou encore Rio de Janeiro étaient automatiquement écartées.
Restaient alors sur la route Londres, Dublin, New York... Alors on s'est dit,
puisqu'on est en Amérique, et puis aussi parce qu’on n’y va pas tous les jours,
va pour New York. Comme Martin était d'accord aussi, nous y sommes aller tous
les trois.
Escale à Montréal. Douane. Petit papier vert. Les deux index et la rétine au
scanner. On enlève nos chaussures. Nouveau détecteur. Pas de bombe ni de brosse
à racine ? C'est bon, tout est en règle, au suivant. On s'en faisait toute une
maladie de ces douaniers made in USA. C'était pas si terrible que ça
finalement. Il est vrai qu'en matière de douaniers suspicieux, on en a une
solide expérience, nous, jeunes frontaliers franco suisses amateurs de
festivals et de virées Biennoises. Bref, après quelques heures et par un temps
dégagé, nous survolons l'agglomération New Yorkaise, puis effectuons une boucle
au-dessus de Manhattan avec vue imprenable sur the Big Apple et un atterrissage
tranquille à l'aéroport de Laguardia.
Malgré tout, il faut bien l'avouer, c'est plein de clichés et sans grande
conviction qu'on s'y rendait. Nous avons eu largement le temps de nous lasser
des rues rectilignes et monochromes de Vancouver et nous craignions retrouver
le même schéma ici. L'avenir nous dira au combien nous avions tort. Nous
débarquons donc à Laguardia aéroport. Nous sommes aux Etats Unis Amérique et
tout s'accélère.

Take a cab. A yellow one. A true one. A
peine trente secondes que nous sommes sortis de l'aérogare et nous voilà
embarqués à bord d'une Ford Jaune. Un plexiglas assure la sécurité du chauffeur
et un petit écran t'expédie déjà plein les mirettes des pubs pour pilules en
tout genre et qui transforment sans effort le gras écœurant en abdo à la Patrick
Swayze ou des yaourts sans phosphate pour avoir les poils soyeux et luisants.
Au travers d'une trappe, nous confions au chauffeur un petit papier avec
l'adresse de l'hôtel écrite dessus. On a beau être bilingue, pour certaines
choses, vaut mieux pas prendre le risque de ne pas se faire comprendre. Il nous
prévient que nous aurons quatre dollars de péage et ne dira plus que "Come
on" et "Let's move your fucking big ass fucking mother fucker !"
aux autres usagers de la route, cela toutes les 4 secondes, coups d'klaxonnes
en prime. Nous ne dirons plus jamais que les parisiens sont stressés au volant.
On croise Harlem et c'est comme on nous avait dit. La 97ième, on change de cap
et on traverse Central Park. Dernier coup de klaxon. On arrive à l'hôtel. New York,
New York comme disait l'autre...
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