Motivés après une nuit passée dans le sauna de la chambre, chauffage bloqué à fond, 35°c au moins, nous nous préparons pour affronter la fraîcheur hivernale des rues de New York. Une journée marathon nous attend. Nous sortons et allons déjeuner dans une grosse boulangerie tenue par des mexicains. On profite du premier repas de la journée pour
dresser une liste des points remarquables de Manhattan. On a commencé la vieille à prendre nos repères, nous établissons un itinéraire.

La liste est non exhaustive et dans le désordre : Promenade
matinale dans Central Park, Burger King à côté de Ground Zero, visite du hall
du Rockfeller Center, ascension frigorifique du Brooklin Bridge, se perdre dans
Chinatown, se retrouver à Little Italy, fouille au corps sans les chaussures
(c'est une manie) à la Statue de la liberté... Une grosse journée mais surtout
une sensation. Manhattan est une sensation. Loin de la peur panique et de
l'angoisse que nous imaginions, nous sommes surpris par une certaine quiétude.
Pourtant, Manhattan est un tourbillon qui vous emporte, qui vous enivre de
perspectives, de couleurs, de langages. Difficile de saisir avec des mots cette
idée de contraste. Calme et effrénée. Tout est toujours en mouvement.
Simplicité et sophistication. Friquée Manhattan ? Luxueuse même. Défilé de mode
permanent. L'élégance y est de rigueur pour exister, mais les vagabonds
dépareillés que nous sommes sont comblés et presque jamais mis mal à l'aise par
tout ce faste et nos yeux se régalent de la vision unique que l'on a seulement
lorsque l'on voit pour la première fois...
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